Depuis quatre générations, la vigne se transmet avec passion au Château Beaubois, depuis les arrières-grands-parents installés en 1920 jusqu'à la fratrie actuelle, Fanny et François Boyer, qui reprennent le domaine en 2000.
Ensemble ils incarnent une nouvelle génération de vignerons, à la fois ancrés dans la tradition et portés par un souffle de renouveau. Le domaine s'étend aujourd'hui sur 60 hectares certifiés en agriculture biologique depuis 15 ans, et en biodynamie depuis 5 ans (label Demeter). Le terroir des Costières de Nîmes offre un sol homogène, fait de galets roulés sur un plateau géologique ancien, propice à la culture de cépages méridionaux. L'AOC Costières de Nîmes, reconnue en 1985, se situe ici à la croisée des influences : au nord, le mistral domine ; au sud, la mer impose sa brise balayant les étangs de la Petite Camargue. Ce souffle marin, qui rafraichit les vignes aux heures les plus chaudes créé des écarts de températures bénéfiques : des hivers plus doux, des étés plus tempérés, et une brise thermique qui imprime sa signature de fraîcheur et de minéralité dans les vins. Ce climat unique donne naissance à des cuvées pleines d'éclat, où la fraîcheur prime, même au c½ur du sud. Une singularité forte du domaine : 30% de la production est dédiée aux blancs, dans une région pourtant largement dominée par les rouges.
Fanny découvre sa vocation viticole lors d'une expérience décisive en Afrique du Sud, au c½ur des vignobles du Cap à Stellenbosch. François suit un parcours en agronomie et viticulture, au plus près des vignes. Aujourd'hui, ils se partagent les décisions avec complicité : François est maître du vignoble, Fanny de la cave, et les assemblages sont conçus à quatre mains, dans un dialogue constant entre les rangs de vigne et le chai.
"On se connait depuis toujours, mais on s'est aussi construits dans le respect des choix de l'autre, explique Fanny. François est plus pragmatique, plus instinctif dans sa manière d'observer la vigne. Moi, je suis dans l'écoute du vin, dans sa part invisible". Ce dialogue constant entre eux devient un fil conducteur du domaine, où chaque décision se prend à deux ; qu'il s'agisse de la date d'une vendange ou d'un changement de méthode.
C'est dans ce tandem soudé qui initie la conversion en agriculture biologique, puis la transition vers la biodynamie. Une défi relevé d'un seul élan. Une révolution environnementale pensée comme un engagement profond. Un pas de plus dans leur quête de cohérence. "Le bio, c'est une base. Mais avec la biodynamie, on est dans une démarche globale, qui prend en compte les énergies, les cycles lunaires, les forces qui traversent le vivant", explique François. Désormais, les sols sont travaillés en douceur, les traitements remplacés par des tisanes de prêle, d'ortie ou de camomille, et les préparations dynamisées sont épandues selon un calendrier lunaire. "On redonne à la plante son autonomie, sa capacité à se défendre seule. Et on le ressent dans le vin, qui devient plus précis, plus expressif", observe Fanny.
Le domaine rayonne au-delà des frontières : 45% des vins sont exportés vers une trentaine de pays. Sur place, un circuit ½notouristique invite les visiteurs à découvrir la richesse du terroir et la philosophie du domaine, entre tradition familiale, excellence technique et engagement pour une viticulture vivante.
Cuvée emblématique, elle réunit les cinq cépages rouges du domaine. Une symphonie complète de leur terroir. Élevée 18 mois en barriques, avec une micro-oxygénation maîtrisée, cette cuvée profite d'un travail subtil du bois : peu chauffé , il préserve le caractère naturel du vin, en révélant finesse, structure et complexité, sans masquer la fraîcheur du fruit. Un rouge élégant, sapide, d'une grande fraîcheur, qui reflète l'identité méditerranéenne du domaine avec une rare précision.